Skip to content

Le rire et les larmes, ou l’épitaphe d’un lapin nain

La fille vous a parlé, il n’y a pas si longtemps, de l’intelligence émotionnelle. C’est en effet un sujet passionnant, et, chez nous… héréditaire. L’hypersensibilité nous joue bien des tours, et ses facéties tournent parfois, hélas, à la catastrophe. Mais cette émotivité n’est-elle pas aussi, comme me le disait aujourd’hui un psychiatre, le sel de la terre ? L’hyperréactivité émotionnelle, si elle peut susciter bien des dommages, me paraît néanmoins révolutionnaire (je ne parle pas de balai, ici, promis).

Des dommages, vous en fabriquez à la pelle, lorsque, la quarantaine passée, vous fondez en larmes pour des vétilles. Dans un monde où la brute cynique et sans gêne se fraye aisément un chemin, la fragilité n’est pas de mise. Mais si vous acceptez de ne pas jouer le jeu, c’est la norme que vous remettez en question, et de façon bien plus efficacement brutale que la brute ci-dessus mentionnée. Imaginez la scène : vous êtes entouré(e) de collègues, à l’issue d’une réunion très sérieuse, et vous fondez en larmes en annonçant que votre lapin nain est mort. Mine de rien, vous venez de lancer une bombe (si, si). Parce que votre manifestation signifie (geste autant que parole) une rupture avec des codes sociaux (on ne pleure pas en public, et surtout pour un motif aussi puéril), mais aussi une forme de régression infantile impardonnable. Soudain, l’âge s’abolit, le contexte socio-culturel s’abolit, la hiérarchisation des sujets de conversation s’abolit. Et vous donnez la parole à la petite fille qui est en vous, et qui a droit de cité.

Or, si vous faites l’expérience (ce que je ne vous souhaite pas nécessairement, car la douleur est bien présente, si modeste qu’en soit la source), ne pensez pas que les cols blancs ou les blousons noirs vous tourneront en dérision, pas plus que les tailleurs roses ou beiges, d’ailleurs. Le plus étonnant est de constater les répercussions de votre « laisser-aller » émotionnel sur votre entourage. Mine de rien, en faisant preuve de fragilité, en légitimant une émotion prohibée par les conventions, vous venez d’ouvrir la bonde, et de donner aux autres la possibilité, à leur tour, de desserrer la cravate et d’exprimer leurs propres émotions refoulées, inhibées.

Il ne s’agit pas pour moi de proclamer une « journée de la gentillesse », initiative vraiment malheureuse ; en effet, à l’instar de la journée de la femme, de la secrétaire, de la mamie (tiens, souvent des femmes, étrange), autant dire que 364 jours par an sont dispensés du moindre égard envers ces « sous-catégories ». Pas de bisounourserie non plus, car l’émotion n’est pas de cet ordre. L’émotion est violence, souffrance, et même dans l’enthousiasme il souffle en elle comme un vent de révolte. Mais c’est au prix de la libération de ces énergies, me semble-t-il, que nous trouverons la paix, avec nous-mêmes, avec les autres aussi.

Bon, vous l’avez compris, mon lapin nain est mort, j’ai 43 ans, et j’espère que cela ne vous fait pas pouffer de rire !

« Après tout ce temps? » « Toujours. »

« Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux, merci pour eux. »

« Tout était bien. »

Première phrase et derniers mots de l’œuvre… Entre-temps, des pages et des pages écrites. Des découvertes, des rires, des pleurs. 8 films. Et plusieurs vies changées. J’avais 5 ou 6 ans lorsque, dans une librairie, je décidai de commencer à lire les aventures d’Harry Potter. Je me revois haute comme trois pommes, devant les nombreux livres à ma disposition. On était en 2001, le phénomène commençait à s’intensifier. Mes parents regardaient tout cela d’un œil prudent, voire avide de me mettre à l’abri de cette « pseudo-littérature ». Le regard émerveillé par ce livre à la couverture enfantine, je suppliais ma mère de me l’acheter. Je ne savais pas lire à l’époque, ou tout juste, et je dus attendre quelques temps avant de pouvoir réellement le commencer, et plonger dans ce monde que je continue de défendre comme étant réel, et bel et bien magique. Car, oui, je crois que je peux le dire, la saga Harry Potter a changé ma vie. Je vous entends déjà, vous derrière votre écran, ricaner en pensant « encore une de ces groupies ! ». Je les déteste autant que vous, car ils ou elles brisent à leur manière le charme et la magie de l’œuvre de Rowling.

Mais, plus fort encore que le côté marketing que ce succès a engendré après la publication des premiers tomes, j’ai toujours défendu corps et âme la série Harry Potter. Je ne souhaite pas faire ici un article au contenu trop personnel, mais c’est dans les livres et les adaptations cinématographiques que j’ai pu me ressourcer lors de périodes plus difficiles. Harry Potter aurait-il donc un véritable pouvoir, celui de transporter dans un autre monde des millions de fans inconditionnels? Je le pense sincèrement, mais il faudrait demander d’autres avis, que je n’ai pas. Autour de moi, mes amis, mes proches, se tournaient progressivement sur le phénomène Twilight, The Hunger Games ou autres séries à succès. Je ne peux pas dire que je n’ai pas essayé Twilight. J’ai lu les deux premiers tomes en faisant des efforts surhumains, mais j’ai vraiment détesté. J’en ai donc conclu que j’étais passée « au delà » du mouvement de foule, en disant que j’aimais Harry Potter. La vérité, c’est que cette œuvre est tout autre. Elle n’est pas classique, à bien des égards. Mais cela ne relève que d’un avis purement personnel…

Le pouvoir d’un livre est assez effrayant. Qui aurait pensé qu’un premier tome racontant l’histoire d’un petit sorcier d’à peine onze ans au début, aurait contribué à améliorer le quotidien et la réalité parfois difficile du monde d’aujourd’hui ? Qui aurait pu présager l’avenir de Joanne Kathleen Rowling, cette mère au foyer élevant seule son bébé, avant qu’elle eût l’idée d’écrire les aventures d’Harry ? Nul n’aurait pu imaginer la place que prend maintenant la série dans le cœur des Potterhead, ces fans inconditionnels clamant haut et fort que pour eux, Harry Potter n’est pas un livre, mais bel et bien un véritable monde. Car là où certains se complaisent dans un quotidien morne et fade, d’autres rêvent en secret à une échappatoire bien meilleure… et ailleurs.

Signé : la fille

Quid de l’intelligence émotionnelle ?

Aujourd’hui, c’est « la fille » qui prend le relais. Vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir ma prose (yep mes chevilles vont bien!) et j’ai pensé qu’il était temps de remettre les pendules à l’heure, de mon côté. Je ne suis pas en reste quant à certains sujets qui peuvent actuellement me faire bondir sur ma chaise… Et j’avoue que j’ai eu, jusqu’à présent, peu d’occasions de réagir et de donner mon avis librement sans me terrer dans cette peur du « jugement des autres » (qui est plus que difficile quand on est en dernière année de lycée…) Enfin…

Je souhaitais parler de l’intelligence émotionnelle, vaste sujet malheureusement trop peu étudié de nos jours. A l’heure où le chiffre dépasse la lettre dans nos civilisations actuelles,  il n’est pas rare de constater l’importance primordiale accordée au raisonnement scientifique et rationnel plutôt qu’à l’intelligence de l’émotion et du sentiment. En série Scientifique (S), on t’apprend que même la philosophie est dirigée par des principes scientifiques uniquement, et que la richesse de l’esprit à elle-seule n’est pas suffisante dans le développement de soi. En série Littéraire (L), on nuancera cette affirmation en disant que les esprits scientifiques arrivent à des conclusions, tandis que d’autres plus « littéraires » tissent le cheminement de la pensée. En clair, nous avons besoin d’esprits rêveurs ET d’esprits logiques pour réfléchir. Soit.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

Mon ami de longue date Wikipédia m’a dit : « L’intelligence émotionnelle (IE) désigne une capacité, pour un individu […] à identifier, accéder et contrôler ses émotions, celles des autres et d’un groupe. » En effet, si l’on résume, ce sont bien les grandes lignes de ce principe d’intelligence de l’esprit. En plus global, l’intelligence émotionnelle permet de souffler un vent nouveau sur les théories de l’esprit, longtemps soutenues par des propos uniquement scientifiques. « Hé vas-y, calcule ton QI pour savoir si t’es intelligente! » m’avait dit une amie en riant, me tendant son iPhone où une application plus ou moins sérieuse était à l’écran, permettant effectivement de « calculer son intelligence ». L’appli n’était constituée en réalité que d’une dizaine de questions, fondées sur sa vie privée et sur quelques tests peu crédibles. Mais les vrais tests de QI ne sont pas plus déterminants à affirmer l’intelligence d’une personne. En effet, basés sur des situations de logique concrète, ils sont incapables de calculer de quelle manière nous appréhendons nos émotions et celles des autres, tout en sachant à la fois les anticiper, les prévoir, et les vivre.

En d’autres termes, il est intéressant de nous arrêter sur l’importance de l’IE dans notre société. Alors que le calcul du QI est essentiellement basé et calculé sur des tests – donc proprement irrémédiable si l’on prend en compte l’importance du facteur héréditaire qui s’y rapporte –  l’IE, elle, peut se développer au travers d’un cheminement personnel, d’une étude, d’un effort à comprendre l’autre et le monde.  C’est d’ailleurs ainsi que nombre de livres de coaching, d’émissions, de reportages ont contribué à la création d’un véritable « business de l’esprit » (qui rapporte gros).

Il n’est pas faux d’affirmer que nous pouvons améliorer notre faculté empathique naturelle. Chaque personne en est dotée, à une échelle plus ou moins importante, mais les évènements de la vie contribuent à lui donner des orientations différentes. Il est beau, je trouve, d’essayer de comprendre l’autre et de deviner ses ressentis. Sans tomber dans la niaiserie imbécile, et ce n’est clairement pas mon genre, je dois avouer que j’aime deviner les caractères émotionnels d’une personne ou d’un groupe, pour mieux savoir sur quel pied danser en prenant contact avec la ou les personnes. Il n’est pas étonnant de constater que les rapports que j’ai avec les gens sont largement déterminés par ma façon d’appréhender les relations en fonction du ou des sujets que j’ai en face de moi. J’ai développé une intuition naturelle avec le temps. Dotée d’une forte sensibilité, mes sens sont exacerbés à la moindre rencontre, au moindre évènement que je contemple ou dans lequel j’agis.

Je trouve donc qu’il est intéressant de lever le voile sur cette force de l’esprit.

Et vous, que pensez-vous de l’IE ? La trouvez-vous déterminante dans nos relations avec autrui ?

Signé : la fille

Imprimures, safarire et autres bobines

Je profite de l’absence provisoire de « lafille » pour grognonner une nouvelle fois. Mais mon ire (je sens que je vais me faire taper sur les doigts pour abus de « termes compliqués ») vise cette fois-ci moins la mode littéraire que la mode vestimentaire. Loin de moi l’idée de rédiger un long papier sur les aberrations de l’imposition du goût (encore préférable à celle des mains), mais juste une réactive réaction, UN exemple immédiat.

Voilà. Dans le métro, il y a à peu près un mois, nous étions harcelés par une publicité exposant les -maigres- charmes de Vanessa Paradis dans une sorte de serre exotique, déclinés sous toutes les coutures de l’imprimé, et de motifs floraux jaunes-verdâtres. Tout cela faisait assez perroquet, je me suis demandé qui allait bien s’affubler de ces feuilles de bananier et autres motifs très à la mode dans les années 80 (puisqu’il paraît que la mode est un éternel recommencement, je suggère plutôt d’en revenir à l’élégance des années Folles, plus inventives dans la sobriété des coupes. Ah, les garçonnes, les flappers, Loulou etc. !) .

Aujourd’hui, coup de théâtre, j’apprends que la mode est… aux rayures !

Trop, c’est trop. Je voudrais comprendre. Faut-il conjuguer safari-rayures-fleurs-marinière ? Devant ce suicide de l’esthétisme, j’en appelle au bon sens (pour une fois) ! Et si chacun, chacune surtout, car les victimes sont ici plutôt du sexe dit faible, choisissait ses vêtements en fonction de sa morphologie et de son goût personnel ? Personnellement, je n’ai pas de taille, mais les jambes fines, je ne vais donc pas me serrer le ventre dans un pull étriqué ; en revanche je n’hésiterai pas porter un pantalon plutôt slim.

Côté pédestre, ma passion va aux bottines l’hiver et aux Charles IX/babies l’été, avec talons bobines dans les deux cas, s’il vous plaît. Suis une obsédée du talon bobine.

C’est grave, docteur ? Pourvu que ma psy ne consulte pas ce blog…

Signé : La mR

File:Joancrawford3.jpg

Lectures de la génération Y ?

Dommage de commencer par un coup de gueule, mais trop de sous-littérature, partout, tout le temps, sommes-nous devenus complètement abêtis, ou asservis aux lois du marché ? Comment peut-on encore se griser de titres racoleurs et d’histoires à l’eau-de-rose ? Comment peut-on s’absorber dans Marc Musso (condensons le savon) ? Comment, surtout, notre société peut-elle se laisser duper au point de lire sur commande, d’acheter un bouquin parce qu’il a obtenu le prix Machin ou qu’on a vu-l’auteur-à-la télé ? Mais ce n’est pas la ménagère de moins de 50 ans que je blâme le plus. Le bobo qui s’indigne sur mesure m’est tout aussi ridicule.

Ce n’est pas la recherche d’émotion, que je condamne, au contraire ! il est bien naturel de se laisser griser par un roman passionnel qui vous tend une image démultipliée, agrandie et colorisée de votre propre couple tristounet ou de votre amourette un peu falote. De même pour toute la gamme des sentiments, haine, jalousie, admiration, etc.

Mais du style, que diable, du style !

Et pourquoi ne pas aller chercher ces ingrédients chez des auteurs qui ont une plume, eux ? Et pourquoi vouloir trouver dans la littérature la plus récente ce que des auteurs ont éprouvé et exprimé auparavant ? Y aurait-il une littérature SMS, à consommer tout de suite ? Low science, low food.. et je préconise low literature, ou plutôt high literature.

Alors pour aujourd’hui, deux conseils, si vous aimez l’amour et la haine (« odi et amo », je hais et j’aime, c’est un écrivain latin, Catulle, qui l’a écrit il y a 2000 ans, et c’est toujours si vrai, dans la concision de ces 3 + 2+3 lettres, comme un effet de miroir, l’amour n’étant que l’avers de la haine et vice versa…) :

Pour l’amour : Peter Ibbetson de George Du Maurier (pas le film, le livre !) : les êtres chers se retrouvent dans leurs rêves…

Pour la haine : Les Diaboliques, de Barbey d’Aurevilly (idem).

'The Hidden Side of a Whist Party', illustration from 'Les Diaboliques' by Jules Amedee Barbey d'Aurevilly (1808-89) 1886 (engraving) (b/w photo) - Felicien Rops

Article écrit et publié par : la mère (l’amère ?)

Le début du commencement.

Mère et fille, la quarantaine et la vingtaine. L’une est prof’, l’autre est étudiante et veut devenir journaliste.

Depuis si longtemps pratiquant l’autodérision et le second degré, qu’on ne sait même plus quand on a commencé… Le but, ne pas se prendre au sérieux… ni se prendre la tête.

Et puis, un midi, une scène qui retient notre attention : un couple s’ennuie, l’homme est plongé dans son journal, la femme tente désespérément d’attirer son regard en lui parlant de ce qu’elle a dans son assiette, et de leur prochain voyage. Il grommelle. On se croirait en 1950 dans un restau de province, on est en 2013 dans un bar à smoothies… Immédiatement, mère et fille ressentent le même désir d’écrire cette « chose vue », cette parcelle de réalité, éphémère, à saisir tout de suite, comme un instantané. Le projet est né.

Mère et fille aiment écrire, bloguer… et apprendre. Toujours plus. Ce blog est né d’une passion commune ; l’écriture et les médias.

En espérant que nos articles vous fassent rire, réagir, bondir. (Ben oui, pourquoi pas!)

N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires.

Notre projet, libre comme l’air…

Le concept des collections mère-fille -du Comptoir des Cotonniers, qui d’ailleurs a depuis été relayé par un autre concept (moins efficace en terme de marketing), n’a jamais trouvé de véritables applications en dehors du monde de la mode.

L’idée était pourtant, en un sens, révolutionnaire (malgré le luxe du produit). En effet, revendiquer la complicité mère-fille, c’était proclamer la fin d’une époque de rébellion (de la fille contre la mère) mais aussi d’autorité (l’inverse, en principe…)

L’intérêt était évident : viser un public plus large, doubler, en un mot, le chiffre de vente. Le postulat, si on y réfléchit bien, était extrêmement intéressant : la mère pouvait désormais prétendre à ne plus être classée « ménagère de plus de 30 ans » et la fille pouvait jouer les jeunes femmes tout en étant prépubère…

Notre propos, en adaptant l’idée à un blog de « choses vues » (pas trop hugoliennes), est d’apporter des regards croisés sur les événements de la vie quotidienne, sur la littérature, l’art, les faits de société. Parfois, nos remarques convergeront, parfois elles formeront un diptyque. Enthousiasmes et antagonismes (sans doute coups de gueule,souvent, comme dans la vie quotidienne) formeront ainsi les flux et reflux de notre observation du monde. De chroniques en images, de billets d’humeur en folâtreries, nos papotages pourront intéresser les amoureux de l’air du temps, sans jamais prétendre à quelque objectivité ou revendiquer la moindre nécessité autre… qu’esthétique.